Les cisterciens - Abbaye de Pontigny

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Des petits articles qui ont été écrit par des membres de notre association pour mieux comprendre les cisterciens...

Les Cisterciens et la Nature

Les Cisterciens fuyaient le monde (contemptus mundi), ils bâtirent donc leurs abbayes dans des « déserts », loin des villes. Le rapport privilégié à la nature était immanquable.

Même si la Règle prévoit que tous, moines et convers travaillent de leurs mains, ce sont incontestablement ces derniers qui ont eu le contact le plus étroit avec la nature. Astreints aux gros travaux : débrousaillements, creusements de canaux ou de biefs pour alimenter les moulins ou faire fonctionner les forges, mais aussi labourages, semailles, moissons, les convers étaient des hommes de la terre. Ils cultivaient les céréales, et la vigne toujours et partout. Ces agriculteurs connaissaient les affres du paysan face à l'orage de grêle qui menace, au vent et à la pluie qui couchent les blés, à la maladie qui attaque la vigne.

Ne doutons pas cependant qu'ils avaient sur leur environnement un regard très différent du nôtre. La nature était pour eux l'oeuvre de Dieu et le labeur, une prière.

Ils « n'exploitaient » pas les terres d'un domaine, ils parachevaient la création.

Ces hommes simples voyaient sans doute dans les manifestations de la nature comme la foudre, les inondations, les récoltes bonnes ou mauvaises, des signes à interpréter : satisfaction ou colère divine, mises à l'épreuve, voire interventions démoniaques.

La lumière étant le vecteur de l'amour divin, la nuit, son contraire, était pour tous, moines et convers, le théâtre des artifices du Malin. Moment d'angoisse, peuplé de démons, serpents et bêtes immondes rampant sur le sol ; pour s'en prémunir, ils bâtissaient les dortoirs à l'étage et y conservaient un lumignon, du crépuscule à l'aube.

Leur fréquentation quotidienne du monde végétal procurait certainement aux Cisterciens une connaissance empirique mais approfondie des plantes et de leurs vertus médicinales et autres. Savoir en partie perdu aujourd'hui.

Michel Miguet

Les Cisterciens et l'eau

Les moines de Cîteaux, contrairement aux Bénédictins, bâtissaient leurs abbayes au creux des vallées. Pourquoi ce choix ? Par humilité sans doute, mais surtout en raison de la proximité de l'eau. Détournées de leur cours par des biefs, les rivières remplissaient de multiples offices ; elles alimentaient les monastères, faisaient tourner les roues des moulins, actionnaient les marteaux des forges, remplissaient les étangs artificiels. Les noms de beaucoup d'abbayes cisterciennes témoignent de cette collaboration étroite entre le moine et l'eau :

Aiguebelle (belle eau), Auberive (rive blanche), Belle-eau, Clairefontaine, Fontenay (qui nage dans les fontaines), Fontfroide (source fraîche), Longuay (long gué), Silvacane (forêt de roseaux), Troisfontaines, etc.

Les aménagements hydrauliques des Cisterciens ne se limitaient pas aux alentours de leurs cloîtres. C'est, par exemple, toute une région qu'ils ont asséchée, puis aménagée pour créer ce réseau hydrographique exceptionnel qu'est le Marais poitevin. Six abbayes cisterciennes et deux commanderies du Temple ont entrepris et mené à bien ces travaux gigantesques, entre la fin du XIIe siècle et le milieu du XIIIe.

 

On retrouve cette eau au cœur même du monastère, jaillissant dans les vasques du lavabo. C'est la fontaine d'ablutions où, chaque jour au retour du labeur, la communauté va se laver des poussières et des sueurs serviles. « La source a été détournée jusqu'à nous. Le filet d'eau céleste descend par l'acqueduc, qui ne nous déverse pas toute l'eau de la source, mais instille la grâce, goutte à goutte, dans nos cœurs desséchés. » (St. Bernard).

Michel Miguet

Les Cisterciens et le printemps

Le printemps, pour le moine, ce sont de multiples joies.

Joie de constater l'illumination des vitraux dès l'heure de Prime, alors que peu auparavant les ombres nocturnes hantaient encore l'abbatiale. La lumière, vecteur de l'amour divin, chasse plus tôt les maléfices de la nuit.

Joie de voir le blé levé dru, promesse d'opulentes récoltes, les arbres couverts de fleurs, évocation de fruitiers bien garnis, si... le gel nocturne, encore à craindre, ne vient pas réduire ces espoirs à néant. Espérances toujours nuancées d'inquiétude. Les peurs et les bonheurs du Cistercien sont ceux du paysan, son voisin.

Joie enfin du frère berger contraint de veiller sur son troupeau, lorsque le rossignol enchante les nuits de mai, ou que retentit au matin l'appel du coucou.

Le frère convers, homme de foi simple, ressent ces manifestations de la nature comme un don et la prière spontanée qui enfle son coeur est une louange à Dieu.

Michel Miguet

Contact: accueil@abbayedepontigny.com

03.86.47.54.99

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